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34- L’arbre de la vie

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Ève : En conclusion de notre dernier entretien, vous affirmiez que « l’Esprit divin restaure l’unité perdue [par la chute originelle] et sauve l’ÊTRE en l’homme de la dissipation de la vie dans le néant du monde ». Que voilà des mots lourds de sens mais dont je ne saisis sans doute pas toute la portée !

— La dissipation de la vie dont j’ai parlé constitue un gaspillage du fluide vital, une sorte d’hémorragie de l’énergie, un détournement du parcours de la substance vivante. Que faut-il entendre ?

Commençons par établir que l’évolution ne se réduit pas au graphique illustrant l’essor de la substance vivante sur notre planète par une courbe étalée sur près de quatre milliards d’années (Courbe V). Si l’on s’en tient strictement à l’observation scientifique, il est même plutôt difficile d’apercevoir un axe de développement, une direction intentionnelle du phénomène de la vie, tant il y a foisonnement dans toutes les directions de la pléthore d’espèces, disparues et actuelles.

À ce niveau terre à terre, les mutations peuvent apparaître erratiques et dues au hasard. Quant aux lentes transformations, elles ne semblent pas avoir d’autre gouverne que les conditions environnementales auxquelles les espèces doivent s’adapter pour survivre.

Mais ici, l’arbre cache la forêt. Pour voir la forêt, on doit se mettre à distance des arbres particuliers, n’est-ce pas ? De même, pour saisir une ligne constante et cohérente d’évolution, il faut se mettre à distance des espèces et embrasser du regard le phénomène global de la vie, à partir de l’altitude rationnelle qu’autorise le point de vue philosophique.

Eh bien ! scrutons ce développement planétaire en maintenant notre altitude, pour mieux comprendre ce qui survient dans l’humanité en lien avec le MONDE. Plutôt que d’illustrer le phénomène par une courbe abstraite, nous le comparerons à un spécimen du genre conifère. J’aime cette comparaison déjà utilisée lors de mes entretiens avec Albert parce qu’elle se prête bien à la représentation tant de l’évolution générale que du parcours particulier de l’humanité.

Considérons donc le développement de notre conifère. Observons qu’à son début le nouvel organisme pousse une seule tige dressée verticalement. À son extrémité, le drageon forme un bourgeon d’où naît une nouvelle tige qui s’élève plus haut en direction de la lumière. Cette dernière forme à son tour un autre bourgeon pour une nouvelle pousse et ainsi de suite.

Plus avant dans la croissance, la tige initiale perd graduellement ses aiguilles pour se transformer en tronc d’où surgissent des rameaux latéraux qui décuplent le nombre d’organes impliqués dans la photosynthèse, un processus indispensable à la vie de l’organisme.

Et c’est ainsi que plus l’arbre grandit, plus ce qui était initial dans sa croissance se retrouve dans la profondeur interne du tronc ou dans ses branches latérales inférieures. Cependant que la tige la plus jeune s’élance verticalement vers les hauteurs aériennes, les latérales s’inclinent graduellement dans leur croissance. De plus en plus lourdes et chargées d’aiguilles, ces branches sont finalement entraînées par la gravité à se développer en direction du sol. Elles s’accroissent en ployant sous leur propre poids de matière.

Dans une forêt de conifères, on peut observer que les branches proches du sol sont mortes et desséchées même lorsque l’arbre est en parfaite santé. La raison en est que les sous-bois touffus ne laissent que très peu pénétrer la lumière. De plus, les branches inférieures se trouvent à être couvertes par l’ampleur du développement de celles au-dessus de sorte qu’elles s’en trouvent privées des rayons du soleil. Ce qui fait que les feuilles de ces rameaux ne peuvent plus remplir leur fonction.

La sève se retire alors de ces branches parce qu’elles sont devenues inutiles. L’arbre économise son énergie pour permettre à la sève de jaillir avec la plus grande force possible jusqu’à son faîte. Il laisse se dessécher les rameaux inférieurs pour s’investir prioritairement dans les surgeons qui lui donnent accès à plus de hauteur et à des espaces nouveaux pour la croissance.

— Une jolie parabole mais dont le sens m’échappe. Je ne vois pas de lien entre un sapin et le concept du monde que nous sommes à élucider.

— Vous avez raison d’estimer que l’allégorie ne peut rendre compte « de la dissipation de la vie dans le néant du MONDE », selon mes propres termes. Mais pour savoir comment la substance vivante peut être détournée de sa route, ne faut-il pas d’abord comprendre la cohérence interne de son parcours ?

Ce que le conifère révèle, que l’illustration graphique de la courbe passe sous silence, c’est l’effet de retombée de l’évolution. Le symbole de l’arbre permet d’observer à la fois l’essor vertical au travers de l’évolution des espèces, et, parallèlement, le mouvement inverse de chute de certains embranchements au cours des âges de la Terre. Si la croissance de la jeune tige au sommet de l’arbre manifeste la poussée de la sève qui vitalise l’espèce la plus évoluée, l’inclination vers le sol des branches anciennes, elle, s’explique par l’attraction qu’exerce la matière sur les formes dépassées.

— Il y aurait une contrepartie à la loi du dépassement, une sorte de facteur régressif inévitable ?

— Exactement ! Souvenons-nous que la substance vivante est une force qui jaillit toujours dans la dimension du PRÉSENT. Au départ, lorsque cette énergie vitale a unifié par son dynamisme les grosses molécules de protéines pour animer la première cellule vivante, elle n’est pas parvenue à la maintenir au PRÉSENT — donc vivante en permanence. C’est précisément parce qu’elle n’a pas réussi d’emblée un tel exploit qu’elle a inventé la reproduction et s’est lancée à la recherche d’une structure éventuellement capable de soutenir le PERPÉTUEL PRÉSENT. C’est sa nature même de poursuivre cette quête tant qu’elle n’aura pas trouvé la “formule gagnante” donnant accès à la permanence.

Ainsi, la substance vivante a été amenée à expérimenter, au travers de ce qui nous apparaît comme une évolution, divers agencements des éléments de la matière. Elle a su, par exemple, profiter de la vulnérabilité et de la fragilité des espèces face à des conditions adverses pour explorer des possibilités inédites, des développements sans précédents en vue d’une libération plus intense d’énergie et une plus grande ouverture vers les hauteurs.

Comme les autres espèces, l’humanité est un produit de l’atemporalité de la substance vivante. Pourtant, elle occupe indéniablement une place spéciale parmi toutes les autres. Elle se situe à la fine pointe, au sommet de l’Arbre de la vie. Il n’y a pas d’anthropomorphisme à l’admettre, comme certains pourraient le prétendre. C’est un fait que tout être humain sensé peut reconnaître sans tomber dans une ridicule infatuation.

Car la position de l’homme au faîte de l’Arbre de la vie n’implique nullement qu’il serait le port d’arrivée de la vie planétaire. Son émergence ne met pas pour autant un terme à l’évolution. Parvenue à l’homme au bout de millions d’années d’un laborieux parcours, la tension vitale devrait-elle et pourrait-elle suspendre sa quête ? Le véritable anthropomorphisme consisterait précisément à croire et agir comme si l’humanité était exclue du processus évolutif de sorte qu’elle pourrait prétendre parvenir un jour à l’instrumentaliser à ses fins.

Certes, la substance vivante en l’humanité réalise un progrès immense. Elle devient consciente d’elle-même. Dans les individus humains, ce progrès prend la forme d’une soif d’absolu, d’une aspiration à l’immortalité. En l’homme, l’exigence de permanence se fait d’autant plus aiguë que son organisme, comme celui des autres espèces végétales et animales, subit l’usure de ses éléments et est entraîné irrésistiblement par les lois de la matière à la déstructuration organique. La conscience s’en trouve déchirée entre le désir inextinguible de vivre et l’éventuelle fatalité de la mort.

Ce tragique écartèlement de la conscience est un phénomène nouveau qui résulte de la tension entre les deux substances. Dans l’humanité, le tiraillement entre VIE et MATIÈRE se répercute en chaque individu. Ce qui fait que chacun est appelé à le résoudre pour soi-même, tandis qu’à l’étage des multicellulaires du dessous, cette tension a été monnayée entre les espèces.

À un moment donné du passé de la biosphère, une espèce a pu être positionnée au sommet de l’arbre de l’évolution. Elle a pu par la suite être supplantée par une nouvelle espèce et se retrouver dans une branche latérale peu progressiste au niveau qualitatif, pour finalement se faire stationnaire, ou même, s’engager sur une voie de régression et d’extinction.

Il importe de bien comprendre que la substance vivante vitalise prioritairement l’espèce à la fine pointe de l’évolution, comme le sapin sa jeune pousse du sommet. Elle doit alors délaisser certaines espèces qui, même si elles peuvent encore se multiplier et contribuer à l’équilibre écologique de l’Arbre tout entier, ne sont plus ouvertes aux voies du devenir.

On peut alors comprendre qu’une variété de situations puissent se rencontrer chez les espèces du deuxième palier. Certains embranchements peuvent encore subir des transformations évolutives mineures. D’autres sont figées dans leur forme et n’évolueront plus. D’autres enfin sont régressives et sont vouées à une éventuelle disparition. Comme les branches du conifère entraînées vers le sol par leur poids, elles subissent l’effet de la gravitation. Elles se “matérialisent”.

Or, pour en revenir à l’humanité, elle est dans une situation unique. Le genre humain n’a pas de rival au sommet de l’arbre de l’évolution puisqu’il est la seule espèce parvenue au troisième palier de la Maison de la vie. Il se trouve donc confronté simultanément aux trois situations des espèces inférieures que je viens de décrire. Soit ÉVOLUER, STAGNER ou RÉGRESSER.

En raison de la liberté à laquelle la rationalité donne accès, l’individu humain peut déterminer son orientation. Le choix d’ÉVOLUER implique que la conscience est portée par le dynamisme vital sur une voie de dépassement qualitatif vers plus de hauteur et d’intensité. Le STATU QUO est maintenu lorsque la conscience est exercée positivement en vue de l’adaptation du genre humain à l’horizontalité terrestre. Quant à la RÉGRESSION, elle s’enclenche lorsque la conscience, séduite par les convoitises, contribue au MONDE factice créé par l’homme, ce MONDE dans lequel elle est autorisée à se replier égocentriquement sur elle-même.

Dès son origine donc, l’humanité a été marquée par la tendance à la régression. Et c’est justement dans la foulée de ce déterminisme qu’elle construit le MONDE. Contrairement à ce que l’esprit mondain estime, le MONDE n’est pas un produit du progrès. Il est une branche de l’Arbre de la vie vouée à l’extinction.

— Cette tendance régressive, qui existait avant l’émergence de l’homme, n’excuse-t-elle pas la faute de nos premiers parents ?

— Il est vrai que la croissance régressive permet d’expliquer l’erreur originelle mais la justifie-t-elle ? Ce facteur préexistant à l’émergence de la rationalité peut, à tout le moins, nous prémunir contre la projection sur le couple mythique de toute la culpabilité découlant de la chute originelle. Car chacun de nous détient une part de responsabilité dans cette faute. Nous y contribuons en fait en nous conformant à l’esprit du MONDE, ce contexte sociétaire que l’humanité a créé artificiellement en tournant le dos à la nature, soit à la substance qui la fait pourtant vivre.

Jusqu’ici, nous nous sommes gardés de trop définir cette substance. Nous nous sommes bornés à la décrire comme une énergie qui jaillit dans les organismes, toujours et infailliblement, dans l’évanescente dimension du présent. Il semble assez clair, cependant, qu’une telle substance perpétuellement présente évoque, de manière voilée, la Source divine.

Ce qui soulève un nombre de questions. La substance vivante serait-elle divine dans sa facture même ? Ne pourrait-elle pas être associée à l’Esprit de Dieu ? Plusieurs passages de la Bible permettraient de le soutenir. Les deux Testaments affirment que Dieu est un Être vivant. Non seulement donne-t-il la vie en abondance mais il est décrit comme étant la Vie elle-même. « Je suis la voie, la vérité et la vie », a déclaré Jésus.

Je n’ai toutefois pas l’intention d’entreprendre la discussion théologique qui s’imposerait pour nuancer l’affirmation. Mon but ici est seulement d’attirer l’attention sur le fait qu’en évoquant la substance vivante, nous touchons à une dimension extrêmement profonde qui implique la Divinité, selon des modalités qu’il n’est pas utile de préciser dans le présent cadre de recherche.

— Ne pourrait-on pas induire de cette proposition que le refus d’obtempérer aux appels au dépassement de la substance vivante conduirait au rejet de Dieu ?

— Certains matérialistes expliquent le phénomène de transformation des espèces par la complexité. Comme si la matière possédait en elle-même une tendance aveugle, sans intention ni but, à se structurer de manière de plus en plus complexe. Mais ce qui est complexe pour l’observateur objectif est la simplicité même pour le sujet vivant. Plus la structure apparaît complexe à l’extérieur, plus elle est singulière à l’intérieur, plus la conscience est grande et plus elle constitue un affinement de l’unicité de la vie.

C’est pourquoi il semble plus simple de supposer que la multitude des espèces a été suscitée par une substance en recherche de permanence. Dans sa quête, elle a certes exploré plusieurs chemins qui n’ont pas tous débouché sur une résolution de son dynamisme. L’un d’eux cependant s’avère encore fécond. C’est l’avenue de la conscience. Une route d’évolution qui interpelle particulièrement le niveau humain et permet de comprendre le rôle que l’humanité peut jouer dans le scénario de la vie planétaire en développant sa relation à Dieu…

— …ce que les catégories néo darwiniennes ne peuvent pas induire…

— Elles ne le peuvent pas parce qu’elles s’interdisent de percevoir un motif, une direction décisive sous-jacente aux transformations structurales successives des espèces. Elles préconisent comme axiome initial, au nom de l’objectivité, que la vie ne peut pas avoir de but. Ma position est différente en ce que je postule au départ que la vie est en elle-même le but poursuivi par l’évolution. C’est la facture même de la vie qui définit cette visée. Un objectif minimal au niveau du discours mais grandiose dans ses effets. La vie coïncide infailliblement avec une “volonté” indomptable de vivre. Et vivre, en définitive, veut dire PRÉSENT et TOUJOURS. En d’autres mots, le but de la vie est de vivre, point à la ligne.

— Monsieur de La Palice en n’aurait-il pas dit tout autant ?

— Elle est effectivement jolie, ma lapalissade. Mais cette fois, la formule est lourde de sens et de conséquences. Parce que l’essence même de la vie est d’être au présent, toute vie qui surgit dans l’espace-temps de la matière ne peut pas faire autrement que d’être tendue vers la permanence. Pour la plus balbutiante manifestation de vie, perdre le présent c’est la même chose que perdre la vie. La vie ne peut faire autrement que d’être un-vouloir-vivre-perpétuellement-au-présent.

Mais comment parvenir à vivre toujours dans les conditions de l’espace-temps de la matière ? C’est pour répondre à cette question et trouver une voie de solution que l’évolution biologique a été déclenchée. Et c’est encore pour répondre à cette question et trouver une solution qu’elle se poursuit au travers de la quête de sens de l’humanité. Voilà où en est rendue l’évolution. Son dynamisme passe aujourd’hui par la conscience humaine.

— La grande question est de savoir comment l’humanité réagit, collectivement et individuellement, à ce dynamisme.

— Au niveau du règne animal d’où est tiré l’organisme humain, les facteurs d’évolution impulsés par la substance vivante, de même que les facteurs régressifs entraînés par l’entropie agissent sur les espèces. C’est l’espèce, et non le spécimen, qui subit les pressions. Au niveau humain, c’est l’inverse. Les tensions se répercutent surtout en chaque individu. Car ce n’est pas tant la structure biologique de l’espèce humaine qui doit évoluer mais la conscience de chaque personne en particulier.

C’est pourquoi nous avons dit que chaque personne humaine, du fait de son unicité, doit être considérée au même titre qu’une espèce particulière. Car en formant la synthèse des espèces du monde des multicellulaires, l’humanité n’est pas de ce fait une espèce parmi les autres. Elle constitue une espèce des espèces. Il est plus approprié d’en parler comme d’un genre, le genre humain.

Cette synthétisation en chaque personne humaine du monde antérieur des pluricellulaires a pour effet un certain rétrécissement des perspectives. Alors que dans le monde du dessous la substance vivante pouvait privilégier certaines espèces plus ouvertes à son dynamisme transformateur et en délaisser d’autres peu ou pas réceptives, elle ne peut plus poursuivre sa recherche de permanence que par une seule structure biologique, soit celle du genre humain.

En la forme humaine, la substance vivante atteint un niveau où l’ÉVOLUTION, la STAGNATION et la RÉGRESSION ne peuvent se manifester en compétition dans des espèces parallèles. Sa destination est désormais et nécessairement dépendante de la liberté de chaque personne en particulier. Chacune a le pouvoir de choisir entre l’évolution, la stagnation ou la régression. En bout d’analyse, entre lutter pour prolonger la montée ascendante, stagner pour maintenir le statu quo ou glisser sur la pente d’entropie.

L’humanité est l’unique espèce au faîte de l’Arbre de la vie terrestre. Pour poursuivre son essor, la substance vivante doit nécessairement passer par elle. Elle doit tout miser sur notre genre car le devenir humain devient son propre devenir. Si un jour la permanence de la vie peut être atteinte, il faudra qu’elle émerge de l’être humain. Le sort de l’alliance entre la vie et la matière repose désormais dans la conscience d’une humanité dramatiquement confrontée au choix entre la permanence ou l’extinction, entre la divinité ou la bestialité, entre la vie ou la mort.

— Dans la vie concrète des gens, l’option de la mort m’apparaît peu crédible. Tous les humains, sauf peut-être quelques rares exceptions, sont mus par la volonté de vivre.

— Très chère, l’option dont je parle ne concerne pas le corps bien qu’il en soit éventuellement affecté. À ce niveau, l’être humain n’a pas de décision à prendre. Son organisme physique est mortel et il ne peut renverser ce fait brutal par son engagement. Le choix auquel l’être humain se confronte inévitablement interpelle plutôt sa liberté absolue. Donc, il se situe au niveau spécifiquement humain de la vie intérieure et morale, là où la vie est le bien dont on jouit, et la mort, le mal à craindre et à fuir.

C’est un fait pourtant que l’alternative peut ne pas apparaître aussi tranchée aux consciences individuelles que ce que je laisse entendre. Car la radicalité du choix à faire peut être atténuée par le discours. Dans les termes de notre vocabulaire, par exemple, elle peut se cacher sous diverses questions.

Prendra-t-on le sentier abrupt du dépassement vers une vie plus haute ou la route de la facilité sur la pente d’entropie de la matière ? Consentira-t-on à évoluer ou s’abandonnera-t-on à la régression ? Voudra-t-on développer son esprit ou jouir des sens ? Misera-t-on son existence sur les richesses intérieures ou sur la possession des biens matériels ? Mettra-t-on ses énergies au service de l’humanité ou s’investira-t-on totalement pour acquérir puissance et gloire ? Se déterminera-t-on d’après des principes spirituels ou se conformera-t-on à l’esprit du monde ?

Quels que soient les termes sous lesquels l’option foncière de la vie humaine se camouffle, ce qui est atteint en bout de piste équivaut à l’une ou l’autre orientation : la vie ou la mort. L’option de la vie met la priorité sur le développement intérieur, là où se trouve la Source ; celle de la mort pousse à miser les énergies exclusivement à l’extérieur de soi, là où sévissent les lois aveugles de la matière.

— J’ai de la difficulté à admettre qu’il n’y a que le choix entre ces extrêmes, entre la vie qui se dépasse et la vie qui se corrompt, et, pour employer des termes religieux, entre le saint et le dévoyé, entre l’ange et le démon. Je vous le demande : où est la place de l’homme, dans ce scénario ? Ne peut-il pas occuper un espace où il assume simplement son humanité ?

— L’homme se situe précisément entre ces deux extrêmes. Toute sa vie, il vit au carrefour de deux chemins. Ce qui caractérise sa situation, c’est qu’il est libre de parcourir la route de son choix, tout en sachant plus ou moins clairement qu’elles conduisent à des destinations aux antipodes. L’une est ardue et débouche sur une vie plus haute, l’autre est facile et achemine vers la mort. L’on peut dire que le choix de l’effort, de quelque nature qu’il soit, constitue généralement un pas dans la bonne direction.

Vous demandez s’il n’existerait pas un espace intermédiaire où la personne aurait le loisir d’être simplement humaine. En fait, presque toute la durée d’une vie se déroule dans une zone grise qui n’est pas directement concernée par le choix entre la vie et la mort. Les domaines du travail, de la culture, des arts, des sciences, de l’éducation, de la politique, entre autres, apparaissent en tant que tels comme des secteurs d’activité neutres par rapport aux options extrêmes.

À remarquer, pourtant, que l’engagement dans l’un ou l’autre de ces domaines ne peut faire l’économie d’un but. Chaque orientation peut servir la croissance vitale ou desservir la régression. Ainsi, les fonctions particulières pour assumer la condition humaine aboutissent en finalité au soutien du développement ou à l’échec. Là encore, la vie ou la mort !

L’être humain ne peut se maintenir perpétuellement à la croisée de ces deux chemins. Il ne peut faire du surplace. Le no man’s land lui est en définitive interdit. La raison en est que l’individu n’est pas statique. Il n’est pas tout donné au départ ni éventuellement fixé définitivement. À partir de la conception, il est en devenir. Pour se construire dans la vie, il doit marcher quelque part. Il ne peut tourner en rond indéfiniment. Car ne pas avancer, c’est reculer puisque l’essence même de la vie, c’est la croissance. L’arrêt de croissance équivaut à la perte de la vie. C’est la mort. Voilà pourquoi il n’y a que deux routes possibles. La vie ou la mort, le bien ou le mal.

— Mais que penser de ces hommes et ces femmes qui mènent une vie humaine fructueuse sans pourtant être motivés par la foi ? Ils font le bien et non le mal. Je ne puis croire qu’ils soient perdus.

— Vous avez raison de refuser de condamner ceux qui ne croient pas et qui cherchent sincèrement la vérité. Nous n’avons pas ce qu’il faut pour évaluer l’orientation réelle et finale de toute personne. Je pense que nous devons faire confiance aux non croyants et espérer qu’ils déboucheront un jour sur la vérité immuable de la vie. Cela dit, on se doit d’observer que ce n’est ni l’engagement ni la valeur des actions qui peuvent sauver l’homme. Ce dont il doit être sauvé en définitive, c’est de la mort, n’est-ce pas ? Et ce qui peut le sauver, c’est une vie qui n’a pas de fin !

Or, les œuvres humaines ne peuvent pas en elles-mêmes “sauver” l’homme. Parce qu’elles sont accomplies dans le monde, elles sont assujetties aux lois qui gouvernent le monde. Celles de la matérialité. Les œuvres humaines les plus nobles et les plus valeureuses finiront toutes par s’écrouler. Elles peuvent être hautement estimables en regard du rôle qu’elles peuvent jouer ponctuellement au niveau de l’évolution de l’humanité mais elles n’en demeurent pas moins sujettes à l’usure de l’espace et du temps.

Ce n’est pas parce que Beethoven a écrit l’hymne à la joie de sa neuvième symphonie qu’il a pu entrer dans la gloire éternelle. Et ce n’est pas parce qu’Albert Einstein a élaboré la théorie de la relativité qu’il a pu communier à la Conscience universelle. Toutes admirables et fécondes que soient ces œuvres, elles pourront un jour être supplantées par de nouvelles.

Non, ce qui sauve un humain, ce n’est pas ce qu’il fait mais qu’il soit mû par la foi en la beauté et l’intelligence de la vie, une croyance dont nos célèbres génies n’étaient pas dépourvus. Nous évoquons ici l’aboutissement final d’un parcours qui occupe une existence entière. La vie ou la mort, c’est le port d’arrivée aux antipodes de deux démarches existentielles. Chaque personne doit inévitablement s’engager dans l’une ou l’autre pour se construire ou subir la déstructuration.

Ici, toutefois, il importe de bien comprendre que ces conclusions ultimes se dessinent à partir d’une multiplicité d’actions ponctuelles. Car la liberté de choisir se manifeste au travers de la succession des actes. Ceux de la pensée intérieure comme ceux accomplis concrètement dans l’ordre physique et social. Si bien que dans le déroulement de la vie, les personnes peuvent alterner de l’un à l’autre axe. Tantôt elles s’engagent pour la vie, tantôt elles s’inclinent vers la mort. Tant que le corps vit et que l’esprit est alerte, la conduite peut toujours être renversée et passer d’un pôle à l’autre. La condition humaine fait que l’être humain est tiraillé jusqu’à la fin, jusqu’à l’extinction du corps, entre les deux voies qui s’ouvrent devant sa conscience.


Résumé par Chat GPT

Ce texte dense et profondément philosophique trace un parallèle entre l’évolution biologique et l’évolution spirituelle de l’humanité, en introduisant l’idée que la substance vivante, force motrice de l’évolution, est en quête perpétuelle de permanence — d’un présent perpétuel qui ne peut être trouvé que dans et par la conscience humaine. Cette substance serait, dans sa nature même, divine, ou du moins une manifestation de l’Esprit divin, ce qui rend la responsabilité de l’humanité à son égard d’autant plus lourde.

Voici quelques éléments clés à retenir et à méditer :

1. L’Arbre comme symbole de l’évolution

Le conifère sert d’image puissante :

  • La tige verticale représente la ligne ascendante de l’évolution.
  • Les branches basses qui finissent mortes symbolisent la régression ou l’extinction.
  • L’humanité, au sommet de cet arbre, est à un carrefour où elle peut :
    • Évoluer (s’élever),
    • Stagner,
    • Ou régresser (être happée par le « MONDE »).

2. Le “MONDE” comme illusion régressive

Le MONDE, au sens de ce discours, n’est pas la Terre ni la nature, mais la construction artificielle de l’humanité lorsqu’elle tourne le dos à la vie (et donc à Dieu). Il est le symbole de la régression, une forme de vie détournée qui résiste à l’appel intérieur de dépassement.

3. La liberté comme pivot

Contrairement aux espèces antérieures soumises à des pressions évolutives collectives, l’humain détient individuellement la liberté de choisir :

  • L’élévation vers l’unité avec la substance vivante (et donc avec Dieu),
  • La stagnation, forme d’adaptation au monde,
  • Ou la régression, par le repli égocentrique.

4. Une évolution spirituelle et existentielle

L’évolution ne s’arrête pas à la biologie. La quête de sens, le désir d’immortalité, la conscience du tragique de la condition humaine sont autant de signes que l’humanité est le champ de bataille de la Vie elle-même, en tension entre matière et esprit.

5. La vie = présent perpétuel

La formule centrale : « le but de la vie est de vivre », n’est pas qu’une tautologie. Elle signifie que la véritable vie n’est pas simplement biologique, mais spirituelle — et qu’elle tend vers une présence absolue, hors du temps. C’est ce que l’évolution tente de réaliser.

Ce texte n’est donc pas un simple traité biologique ou philosophique : c’est un appel à la conscience, une invitation existentielle. Il vous pousse à vous situer dans cette trame : vais-je suivre l’élan vital en moi, ou me laisser entraîner dans la gravité du MONDE ?

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Le conifère symbolise l’essor vertical de l’évolution des espèces, et, parallèlement, le mouvement inverse de chute de certains embranchements au cours des âges. Si la croissance de la jeune tige au sommet de l’arbre manifeste la poussée de la sève qui vitalise l’espèce la plus évoluée, l’inclination vers le sol des branches anciennes, elle, s’explique par l’attraction qu’exerce la matière sur les formes biologiques dépassées.
La substance vivante jaillit toujours au PRÉSENT. Au départ de son investissement de la matière, elle n’est pas parvenue à maintenir les premières cellules vivantes au PRÉSENT. C’est pourquoi elle s’est lancée à la recherche d’une structure capable de soutenir le PERPÉTUEL PRÉSENT.
La substance vivante a su profiter de la vulnérabilité et de la fragilité des espèces face à des conditions adverses pour explorer des possibilités inédites, des développements sans précédents en vue d’une libération plus intense d’énergie et une plus grande ouverture vers les hauteurs.
Comme les autres espèces, l’humanité est un produit de l’atemporalité de la substance vivante. Pourtant, elle occupe indéniablement une place spéciale parmi toutes les autres. Elle se situe à la fine pointe, au sommet de l’Arbre de la vie.
La substance vivante serait-elle divine dans sa facture même ? Ne pourrait-elle pas être associée à l’Esprit de Dieu ? Plusieurs passages de la Bible permettraient de le soutenir. Les deux Testaments affirment que Dieu est un Être vivant. Non seulement donne-t-il la vie en abondance mais il est décrit comme étant la Vie elle-même. « Je suis la voie, la vérité et la vie », a déclaré Jésus.

2 réponses à « 34- L’arbre de la vie »

  1. La « tendance régressive, qui existait avant l’émergence de l’homme, n’excuse-t-elle pas la faute de nos premiers parents »,  s’interroge Ève. Son interlocuteur lui répond que « la croissance régressive permet d’expliquer l’erreur originelle mais la justifie-t-elle ? » Cette question cruciale est laissée en suspend dans le contexte de cet entretien. Dans mon livre La création, mythe ou réalité ?, elle est soulevée sans pourtant avancer de réponse définitive.
    Il faut comprendre que sous les traits du “premier homme” et de la première femme”, c’est clairement le genre humain tout entier, passé, présent et futur, qui est visé. Outre le caractère mythique de la première partie du récit, il y a le fait que l’auteur avance les noms d’Adam et Ève (Gn 4, 25 et 3, 20) seulement après “l’atterrissage” faisant suite à la chute, comme si tout revenait à un niveau de normalité dans un contexte générationnel bien concret. Ce qui confirme, me semble-t-il, que l’utilisation des termes homme et femme, au début du récit, réfère au terme générique et universel d’humanité et non à des personnages historiques.
    Même interrprétation pour l’image mythique de « l’arbre du bien et du mal ». C’est le choix de la conscience de l’humanité en général qui est en jeu et non celle d’un premier couple. D’introvertie qu’elle était à l’origine de sa création, elle s’extravertira pour assumer un développement autonome, au prix même d’une rupture de ban d’intériorité qui se manifestera graduellement, avec de plus en plus de virulence, durant le parcours historique de l’humanité.
    C’est ici que l’on peut apprécier l’admirable subtilité du mythe de la Genèse concernant ce dramatique éclatement de la conscience humaine. L’auteur semble y atténuer la responsabilité de la faute et adoucir le sentiment de culpabilité qui s’ensuit. On peut le déduire d’abord du fait que la femme est l’initiatrice de la démarche fautive du couple.
    Selon le mythe biblique, lorsque Dieu a averti l’homme de ne pas manger de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », la femme n’est pas encore créée. Le récit laisserait ainsi entendre que la femme n’avait pas reçu directement l’injonction divine de ne pas manger le fruit de l’arbre. L’interdit lui aurait été communiquée par ouï-dire, soit par son mari, son égal. Elle pouvait mettre en doute la radicalité de l’injonction sans pourtant se confronter directement à Dieu. Ce que l’auteur laisse encore entendre du fait que c’est seulement lorsque l’homme mange à son tour que la faute est consommée.
    Si la femme avait pu être désignée comme « une aide assortie » à l’homme, l’homme était aussi pour elle « une aide assortie ». Car elle a particulièrement besoin de soutien en tant que génitrice du genre humain. Ainsi, l’homme et la femme ont besoin l’un de l’autre. Ils ont été créés en tant qu’êtres de relation. Être en relation implique un nécessaire rapport avec l’extérieur à soi, ce qui peut être interprété comme une prédisposition à l’extraversion, n’est-ce pas ?
    Or, dans la scène de la tentation, l’homme ne participe pas au débat avec le serpent. Il est passif et semble plongé dans une contemplation béate. Sa femme est plus consciente que lui du contexte environnemental car, souligne le scribe, « son mari était avec elle » (Gn 3, 6) mais ne s’impliquait pas dans le débat . Elle le tire de son rêve intérieur pour lui faire part de l’avantage pratique de s’extravertir en consommant le fruit interdit.
    Cette interprétation donne tout son sens au reproche du Créateur fait à l’homme après la faute : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi. À force de peines tu en tireras subsistance ». Paraphrasons. Parce que tu as choisi de renoncer à ta conscience introvertie pour préserver ta relation avec ta femme et t’investir exclusivement à l’extérieur de toi, ta conscience se heurtera à la matière dont tu as été formée. Elle produira pour toi peines et misère dans ta quête pour ta subsistance et celle de tes proches.
    Finalement, en raison de l’implication centrale de la femme dans ce scénario, l’on a pu la désigner de diverses manières (surtout au niveau de la sexualité) comme étant la cause principale de la chute. Là encore, le Bible minimise plutôt sa responsabilité. « Qu’as-tu fait là », réagit Dieu un peu comme un père affectueux qui réprouve la gaffe de son enfant. Il expose ensuite les conséquences de la faute sur chacun des protagonistes. Pour le serpent, ces effets occuperont deux versets. Pour l’homme, ils s’étaleront sur 3 longs versets. Mais pour la femme, un court verset suffira. Ce qui semble indiquer, comparativement, une réduction des impacts de la chute à son égard, c’est-à-dire sur l’humanité qu’elle représente.

  2. Voici un premier commentaire:

    « pour saisir une ligne constante et cohérente d’évolution, il faut se mettre à distance des espèces et embrasser du regard le phénomène global de la vie, à partir de l’altitude rationnelle qu’autorise le point de vue philosophique. » Voilà une observation de départ fort pertinente et souvent oubliée. D’ailleurs, il faudrait ici que je reprenne tout mon exposé sur le hasard. Mais qu’il suffise de rappeler que, si la personne qui achète un billet de loterie participe à un jeu de hasard, l’organisme qui l’organise (loto-Québec par exemple), lui, ne laisse rien au hasard. Il sait exactement le profit qu’il va faire.

    « Au départ, lorsque cette énergie vitale a unifié par son dynamisme les grosses molécules de protéines pour animer la première cellule vivante, elle n’est pas parvenue à la maintenir au PRÉSENT — donc vivante en permanence. C’est précisément parce qu’elle n’a pas réussi d’emblée un tel exploit qu’elle a inventé la reproduction et s’est lancée à la recherche d’une structure éventuellement capable de soutenir le PERPÉTUEL PRÉSENT. C’est sa nature même de poursuivre cette quête tant qu’elle n’aura pas trouvé la “formule gagnante” donnant accès à la permanence. » Ici, évidemment, nous retrouvons ce que j’ai déjà critiqué dans un entretien antérieur. Le fait de donner à la « substance vivante » une intentionnalité et une créativité me met toujours un peu mal à l’aise. Les évolutionnistes font la même chose avec l’évolution. Il y toujours une forme de mythologie dans la présentation historique du développement des êtres.

    « Ce tragique écartèlement de la conscience est un phénomène nouveau qui résulte de la tension entre les deux substances. Dans l’humanité, le tiraillement entre VIE et MATIÈRE se répercute en chaque individu. Ce qui fait que chacun est appelé à le résoudre pour soi-même, tandis qu’à l’étage des multicellulaires du dessous, cette tension a été monnayée entre les espèces. » Ici se dessine ce qui deviendra la dignité de chaque être humain, dignité incomparablement plus grande que celle de tout animal. Comme le dit notre auteur, au niveau animal, c’est l’espèce qui compte. Au niveau humain, chaque individu compte. C’est un phénomène difficile à mesurer au niveau philosophique.

    « À un moment donné du passé de la biosphère, une espèce a pu être positionnée au sommet de l’arbre de l’évolution. Elle a pu par la suite être supplantée par une nouvelle espèce et se retrouver dans une branche latérale peu progressiste au niveau qualitatif, pour finalement se faire stationnaire, ou même, s’engager sur une voie de régression et d’extinction. » Évidemment ! Le premier pluricellulaire a été, à sa naissance, l’être le plus merveilleux de la planète ! Et de même le premier mammifère ! Et ainsi de suite jusqu’à l’être humain. Que sera demain ?

    « On peut alors comprendre qu’une variété de situations puissent se rencontrer chez les espèces du deuxième palier. Certains embranchements peuvent encore subir des transformations évolutives mineures. D’autres sont figées dans leur forme et n’évolueront plus. D’autres enfin sont régressives et sont vouées à une éventuelle disparition. Comme les branches du conifère entraînées vers le sol par leur poids, elles subissent l’effet de la gravitation. Elles se “matérialisent”. » A cela, il faudrait ajouter l’utilité, toutes les formes de mutualismes ou de commensalismes. C’est ce qu’on cherche à évaluer aujourd’hui dans le respect de l’environnement. Comment la dégradation des écosystèmes a-t-elle un impact sur la vie humaine ?

    « Or, pour en revenir à l’humanité, elle est dans une situation unique. Le genre humain n’a pas de rival au sommet de l’arbre de l’évolution puisqu’il est la seule espèce parvenue au troisième palier de la Maison de la vie. Il se trouve donc confronté simultanément aux trois situations des espèces inférieures que je viens de décrire. Soit ÉVOLUER, STAGNER ou RÉGRESSER.
    En raison de la liberté à laquelle la rationalité donne accès, l’individu humain peut déterminer son orientation. Le choix d’ÉVOLUER implique que la conscience est portée par le dynamisme vital sur une voie de dépassement qualitatif vers plus de hauteur et d’intensité. Le STATU QUO est maintenu lorsque la conscience est exercée positivement en vue de l’adaptation du genre humain à l’horizontalité terrestre. Quant à la RÉGRESSION, elle s’enclenche lorsque la conscience, séduite par les convoitises, contribue au MONDE factice créé par l’homme, ce MONDE dans lequel elle est autorisée à se replier égocentriquement sur elle-même. » Présentation très originale qui ouvre une porte à une compréhension nouvelle de la moralité des actes humains.

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