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Ève : Vous avez souligné les difficultés d’exercice de la rationalité dans le contexte d’un monde concerné exclusivement par la matérialité. Vous avez également fait allusion au rôle que jouent les valeurs mondaines dans la formation du MOI. Pourriez-vous expliciter davantage ces conditionnements ?
— Lors de l’émergence de la CONSCIENCE RÉFLÉCHIE, les déterminismes de la matière ont très vite pollué la substance vivante en l’homme. Et ce qui a résulté de cette altération, c’est la création du MONDE factice que nous connaissons. Un monde édifié sur ce qui apparaît aux sens plutôt que sur les évidences de la raison.
Un monde sous-humain, donc, qui priorise les appels extérieurs issus de la matérialité plutôt que de fonder le comportement sur les lois de la vie. Cette déviation explique non seulement l’inclination de la conduite humaine à l’errance morale sur une pente de facilité mais aussi les difficultés d’exercice de la rationalité elle-même.
Très chère amie, vous avez déjà posé la question de savoir comment la faute originelle d’un premier couple a pu passer en toute l’humanité puisque cette transmission ne pouvait pas être associée à un héritage génétique. Eh bien ! nous tenons ici un élément de réponse à ce questionnement. Tous les humains sont marqués par la chute originelle parce que tous se développent dans un MONDE modélisé par les conditions extérieures de la matérialité.
Ainsi, plutôt que d’apprendre à l’enfant à développer sa vie intérieure de telle manière qu’en émerge graduellement l’exercice rationnelle fondée sur l’ÊTRE, on capture le plus possible son attention à l’extérieur de lui-même pour qu’il s’adapte au monde où il devra seul et dans l’isolement grandir et développer sa personnalité. Un MONDE où il devra construire son MOI qui, enclin aux plaisirs et fuyant la douleur, pourra facilement glisser sur la pente de la régression et se fixer sous la forme de l’EGO.
Ce détournement du fluide vital de l’intérieur vers l’extérieur — une hémorragie de la canalisation énergétique naturelle — a marqué le psychisme de traumatismes. Nous en avons déjà identifié quelques-uns. Il a engendré la peur viscérale qui afflige l’inconscient humain depuis son détournement de la route intérieure vers la Transcendance. Il a plongé la base psychique de l’être humain dans l’insécurité face aux accidents de tous ordres qui traversent la matérialité. Il a fait que l’humain, aliéné de sa cohérence interne, se retrouve exilé, séparé de la nature, vulnérable au milieu de forces aveugles qui l’encerclent de toutes parts.
Depuis son émancipation trompeuse sous prétexte d’autonomie, l’être humain est extroverti. Il lui est très difficile de s’intérioriser. Il vit hors de lui-même. Il souffre d’aliénation. Il peut ambitionner de tout connaître à l’extérieur mais il ne se connaît pas lui-même à l’intérieur. Tant qu’il vit, il peut et doit toutefois se développer, grandir, croître mais en mettant la priorité sur l’extérieur, en s’engouffrant dans le MONDE pour y chercher les éléments constitutifs de sa personnalité.
On doit ici se souvenir que l’être humain n’est pas tout donné au départ de l’existence. Ce n’est qu’à la suite d’un processus de croissance qu’il peut accéder à l’usage de la raison et à la stature de l’adulte. Toute sa vie, il doit s’activer pour manifester de plus en plus ses potentialités. Il n’est pas stationnaire. Sa vie ne peut pas être stagnante. Comme un arbre qui ne peut arrêter sa croissance sans mourir, de même l’homme doit grandir sous peine de s’étioler en glissant vers la mort !
— Mais coupé de ses racines intérieures, comment peut-il croître ?
— Il se développe en se formant un MOI qui lui fait se percevoir à part. Un MOI par lequel il se distingue des autres. Un MOI conditionné par l’extériorité, donc, puisque c’est de sa relation au monde qu’il se construit. En grande partie, du moins.
Certes, au début de sa vie, l’enfant bénéficie de l’affection de ses parents, de sa famille, de la protection de son entourage. Idéalement, son MOI se développe d’abord dans un contexte de chaleur et d’affection. Son psychisme s’en trouve ainsi imprégné par des valeurs d’intériorité. Si bien que sa vie adulte pourra être marquée plus ou moins par la nostalgie de l’enfance. C’est d’ailleurs pourquoi la quête de spiritualité, la recherche du bonheur, l’expression esthétique, la démarche religieuse peuvent prendre la couleur d’une régression psychique, d’un retour au sein maternel pour y chercher réconfort et amour.
Au fur et à mesure que sa personnalité se constitue, cependant, le MOI doit parvenir à se détacher de ce milieu douillet pour affronter le monde. Graduellement, les protections dont on entoure l’enfant lui sont enlevées pour l’initier au combat contre les adversités et lui apprendre à maîtriser les forces externes. Il doit s’adapter et se valoriser au regard du monde comme individu autonome et accompli.
En accédant au monde de l’adulte, il retrouve un nouveau sein protecteur, un écran contre les dangers provenant de la nature sauvage. La société devient son nouveau milieu dans lequel il peut se sentir en sécurité, assurer sa subsistance et poursuivre sa croissance.
Mais ici, une différence notable doit être relevée. Ce havre n’a plus pour effet de l’incliner vers l’intérieur comme c’est le cas pour la chaleureuse vie familiale. Bien au contraire, pour réussir son adaptation, il doit miser sur l’extérieur. Soit, le monde des apparences sensibles dont les valeurs se ramènent aux trois convoitises: l’orgueil du pouvoir, l’appropriation de richesses matérielles, la jouissance des sens. Des valeurs décevantes qui ne remplissent pas leurs promesses de bonheur et de paix. Des valeurs qui sont pourtant le carburant qui propulse le MONDE vers un devenir incertain — que dis-je ? — une marche assurée vers l’échec terminal.
Car du bonheur en plénitude, il ne pourra jamais s’en trouver là où personne n’est à l’abri de la souffrance et de la mort. Et la véritable paix ne pourra jamais régner là où s’affrontent des rivaux — et non plus les frères et les sœurs du milieu familial — avec lesquels on doit entrer en compétition ou en guerre pour se tailler une place au Soleil de l’humanité.
— La croissance du MOI confinerait donc à l’absurdité ? Votre conception ne fait guère de place à la dignité de la personne !
— La structuration du MOI est en effet sans issue lorsqu’elle est prise comme une fin, comme le résultat final du processus de croissance. Mais compte tenu du contexte mondain incontournable dans lequel tout être humain naît sans qu’il y soit pour quelque chose, ce développement peut être considéré légitime ou, à tout le moins, un passage inévitable et transitoire vers une plus haute qualité vitale.
On doit pourtant noter son côté artificiel et parasitaire pour comprendre que le MOI ne peut déboucher sur une solution à l’énigme de la vie — ce déplafonnement que la pensée religieuse appelle le salut. Car la formation du MOI agit comme un écran de plus en plus opaque qui brouille la conscience de l’ÊTRE EN SOI. Plus le MOI s’impose dans la personnalité, plus la conscience de l’ÊTRE s’évanouit. Le MOI ronge le SOI. Il grandit en aspirant les énergies vitales en les dilapidant dans le monde de l’extériorité. Comme Caïn avec l’objet qui lui sert d’arme, il tue en lui-même son frère Abel, l’homme spirituel.
Ce qui m’amène à une précision de vocabulaire, une distinction entre le MOI et le SOI.
Comme nous venons de le voir, le MOI se forme en synergie avec le monde extérieur. Le SOI, quant à lui, réfère plutôt à l’éveil de l’être intérieur. Le SOI est la vérité de l’être en chacun, le JE SUIS. Il donne à chaque conscience son unicité et son originalité. Il fonde la dignité humaine et confère à chaque personne une valeur absolue. C’est à partir de la profondeur intérieure de SOI que peut s’établir une véritable relation à tout autre vivant. L’ÊTRE EN SOI est universel. Il communie au tout de l’univers. En chacun de son genre, il voit l’ÊTRE. En définitive, l’Être suprême. Il vit dans un état de gratitude envers son Auteur.
À l’inverse, le MOI se sépare du tout pour se faire le centre. Il contraint la réalité à graviter tout autour de la conscience. Lorsqu’il se développe sans frein et sans censure, il se mue irrésistiblement en EGO assoiffé de pouvoir, de possessions et de plaisirs. Le MOI égocentrique peut même aller jusqu’à sacrifier l’univers entier pour s’infatuer d’orgueil et se rendre à lui-même un culte insensé de vanités.
— L’histoire regorge en effet d’égocentriques qui n’ont reculé devant aucun crime parmi les plus odieux pour exercer le pouvoir avec violence dans le but de se couvrir de gloire.
— On peut noter ici les difficultés d’exercice de la rationalité dans le contexte d’un monde sous la férule de l’égocentrisme. Alors que la rationalité devrait tout naturellement émerger de l’édification de la personnalité de chacun, elle peine à se faire jour dans la grande multitude humaine.
Clairsemés sont les humains véritablement rationnels. Ils sont pour la plupart obnubilés par les apparences et vivent donc au niveau sous-humain des sens. Il est bien difficile aux humains de s’autogouverner selon les principes issus de leur propre niveau rationnel. Généralement parlant, ils ont une forte tendance à se laisser entraîner par le sensoriel à des comportements irrationnels qui s’inscrivent en faux contre la tension ascendante de la substance vivante.
Voilà la source des désordres de toute nature qui sévissent dans l’humanité depuis son origine. L’être humain est prédéterminé à construire son monde à partir du niveau sous-humain hérité de la chute. Il est conditionné à vivre en deçà de lui-même. Et là, il tombe victime des déterminismes issus du règne animal dont est tiré son corps. Les comportements instinctuels qui dirigent le deuxième niveau de la Maison de la vie sont transposés chez lui en passions incontrôlées qui génèrent violence, injustice, haine.
— Mais comment peut-il s’en sortir ? N’est-il pas piégé dès la naissance ? N’est-il pas comme jeté dans un monde qu’il ne peut changer ?
— L’on peut comprendre que le MOI doive constater ses limites et prendre conscience de l’échec de son existence. Pour se sauver, l’être humain doit obligatoirement faire volte-face par un retour sur lui-même afin de réorienter son activité en cohérence avec la vie. Ce que plusieurs religions appellent la conversion.
La conversion est l’acte de religion par excellence. Elle est la condition initiale du salut. Elle a pour effet, entre autres, de favoriser l’exercice de la rationalité. Par le renoncement aux honneurs, à la gloire, aux possessions et aux plaisirs désordonnés, elle libère la vie des contingences spatio-temporelles et ramène l’être humain sur la route de la cohérence rationnelle et de la croissance vitale.
— La conversion, cet « acte de religion par excellence » qui « ramène l’être humain sur la route de la cohérence rationnelle » et sauve sa vie en la détournant des valeurs illusoires du monde… C’est radical ! La religion contre le monde et le monde contre la religion. Le conflit entre les deux ne m’apparaît pas aussi irréconciliable que ce que vous laissez entendre. N’y aurait-il pas lieu ici d’introduire quelques nuances ?
— Très chère, vous avez raison d’estimer que, dans la pratique des sociétés, ces deux domaines s’entrelacent. En apparence, du moins ! Le monde réserve habituellement un certain espace à la religion et, dans le TEMPLE — c’est ainsi que nous pouvons désigner le volet religieux des sociétés — les valeurs mondaines ont inévitablement leur mot à dire. Il en est ainsi et il en sera de même parce que la plupart des humains, tant qu’ils sont vivants, ne sont pas entièrement et définitivement fixés dans leur orientation. Des personnes très engagées dans le monde peuvent en même temps être sensibilisées au religieux et d’autres hautement spirituelles peuvent demeurer imbriquées dans les affaires du monde.
Ce mélange des domaines aux antipodes est non seulement possible mais est nécessaire tant et aussi longtemps que l’humanité chemine dans l’histoire. Car une civilisation qui aurait banni l’un ou l’autre volet se condamnerait elle-même à un déclin autodestructeur.
Une société ne peut maintenir longtemps sa cohésion si elle n’élève pas en son sein un TEMPLE où peuvent se réconcilier Caïn et Abel, les frères ennemis qui luttent l’un contre l’autre dans toute personne humaine. Et une religion impuissante à intégrer à son culte les valeurs civilisatrices, particulièrement par les arts et l’érection de monuments consacrés à la divinité, perd son pouvoir d’attraction et sa pertinence pour les humains d’une culture donnée.
Notons cependant que nous observons ici les apparences. La formulation de votre question le démontre. Vous avez dit que l’opposition entre le monde et le TEMPLE ne vous apparaissait pas aussi radicale que ce que j’ai laissé entendre.
Or, nous savons que les apparences dépendent des sens. Lorsque nous percevons un amalgame entre les deux domaines, nous prenons ce qui apparaît pour la réalité. Mais les apparences disent-elles la vérité ? Nous devrons le constater encore et encore : elles sont trompeuses. La vérité se trouve au-delà des apparences qui ressortent de la sensorialité. Pour y accéder, on doit élever son regard au niveau spécifiquement humain afin de l’ajuster à l’“organe” de la raison. Et c’est bien ce que nous faisons ici par notre recherche.
Selon les indices que procurent les perceptions sensorielles, le Soleil tourne autour de la Terre. Mais le scientifique — qui ne se fie pas aux apparences et cherche plutôt des évidences rationnelles — prouve que c’est exactement l’inverse qui est vrai. Pour les sens, les objets sont faits de matériaux continus et pleins. Mais la science physique révèle que le microcosme est plein de trous, constitué qu’il est d’un tissu d’atomes à grande distance les uns des autres, compte tenu de leur masse.
Dans un autre ordre d’idées, les pyramides d’Égypte et du Mexique, selon les apparences, sont d’admirables prouesses architecturales témoignant du raffinement de civilisations avancées. La raison y fait plutôt voir des monuments érigés pour rendre un culte à la mort, et non à la vie, sans considération pour l’inaliénable dignité de la personne humaine.
Car la raison accède à la vision de millions d’esclaves réduits aux travaux forcés pendant des décennies pour ériger les tombeaux de rois despotes qui se voulaient divins. Et elle évoque le cauchemar infernal vécu par des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants assassinés sauvagement en sacrifices à une divinité sanguinaire.
— Ce qui peut indiquer, me semble-t-il, que l’amalgame des deux pouvoirs, le politique et le religieux, se fait, en définitive, au détriment de l’homme.
— Le salut ne peut provenir de la réconciliation du MONDE et du TEMPLE. Il est plutôt suscité par leur antagonisme. Car de leurs positions aux antipodes — l’un tout tourné vers l’extérieur, l’autre, l’intérieur — ressort le besoin de libération et se révèle, conséquemment, la voie du salut. Plus ils sont perçus inconciliables, plus les personnes peuvent prendre conscience individuellement de la futilité d’une vie investie dans les valeurs passagères de la société mondaine, des valeurs qui se heurtent toutes à la matérialité, conséquemment à l’échec de la souffrance et de la mort.
Cette prise de conscience permet à la rationalité de s’ouvrir à l’autre volet social, le religieux, qui détient la promesse d’une « vie en surabondance » (Jn 10, 10) en indiquant le chemin du retour à Dieu. Ceux qui s’engagent résolument dans cette voie commencent alors à vivre la conversion. Une démarche d’introversion qui plonge la conscience, pour un baptême, dans le fleuve ascendant de la substance vivante où elle peut puiser, dans les profondeurs de l’intériorité, les énergies vitales indispensables à une évolution véritable.
La conversion restaure la structure rationnelle de la conscience humaine et parvient graduellement à guérir les effets pervers de la chute originelle. Car elle colmate la brèche par laquelle fuit l’énergie vitale dans la construction déviante et abusive d’un monde sous-humain.
— Vous parlez d’évolution véritable basée sur la conversion. Qu’en est-il alors des découvertes scientifiques et du progrès technologique qui, selon toutes les apparences, sont des moteurs d’évolution sociale et humaine ?
— Les sciences et les progrès accomplis sont des produits d’ancrage du développement au niveau spécifiquement humain de la rationalité. Ils visent toutefois la matérialité et, de ce fait, ressortent de la loi d’adaptation de la substance vivante à l’environnement terrestre. Ils sont tout aussi nécessaires à la croissance de l’humanité que les racines de l’arbre le sont en vue de son essor vertical. Le développement scientifique et technologique joue donc un rôle positif dans l’évolution de l’humanité.
Le converti peut, sans contrevenir à son orientation, participer à l’œuvre scientifique — puisqu’elle relève de la raison et non des convoitises à la solde de l’esprit mondain — à la condition de se vouloir au service de l’autre loi de la substance vivante, celle du dépassement dans l’axe vertical vers une plus haute qualité de vie. En d’autres mots, le progrès scientifique et technologique représente un fruit authentique de l’évolution lorsque son caractère transitoire d’accessoire utile à la croissance de l’humanité, tant sur le plan vertical qu’au plan horizontal, est reconnu.
Les sciences ne sont pas la cause de l’évolution. Elles sont plutôt des outils, neutres en eux-mêmes, qui peuvent servir ou desservir le devenir évolutif de l’humanité. Lorsqu’elles se subordonnent aux lois de la vie, elles contribuent à l’évolution authentique. Mais lorsqu’elles refusent d’obtempérer à l’impératif d’inscrire leur développement en synergie avec l’essor vertical de la substance vivante, elles anticipent et accélèrent l’échec de l’évolution dans l’humanité, cet échec prenant la forme de la construction de la Tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9).
La prétention des sciences de se constituer comme une fin en elles-mêmes en rupture de ban avec l’intériorité — c’est bien là le choix implicite du matérialisme — contribue à l’hémorragie du fluide vital dans l’axe horizontal de la matérialité. Bien loin alors de causer l’évolution, elles deviennent des instruments extrêmement puissants qui acheminent de plus en plus vite l’humanité sur la voie de la matérialisation, le cauchemar de la déstructuration et l’horreur douloureuse de la mort planétaire.
Or, telle est la position du MONDE. Un monde qui s’érige de lui-même en rupture d’intériorité et en conflit avec la nature. Comme une excroissance, un cancer, une verrue hirsute sur le visage d’une humanité qui va jusqu’à prétendre usurper le trône du Créateur de l’univers.
— Ce qui fait ressortir le réalisme de votre thèse, c’est le fait que les sciences peuvent aussi bien servir à la création de bombes destructrices qu’à la découverte de remèdes contre les maladies. Il est très révélateur de constater en outre que les fonds nécessaires au développement des armes militaires proviennent invariablement et aisément de régimes politiques mondains, conditionnés par le pouvoir. Tandis que la recherche pour trouver une cure au cancer ne peut que compter sur la générosité d’un public conscient de la valeur de la vie humaine. Ici, les sciences servent à sauver la vie, tandis que là, elles sont instrumentalisées par le pouvoir politique pour produire la mort.
— Votre commentaire permet de bien identifier ce qui est sujet à évoluer. C’est la vie de l’homme et non le monde créé par l’homme qui évolue, n’est-ce pas ? Ce n’est pas ce qui est à l’extérieur mais ce qui est à l’intérieur qui est d’abord transformé. Viennent ensuite des changements extérieurs d’ordre physiologique et social qui sont des effets, et non des causes, de l’évolution des personnes.
À qui revient donc le mérite de l’évolution de l’humanité ? Au progrès dans l’ordre matériel ? Aux découvertes scientifiques ? Que non ! Foutaise, cette prétention ! Usurpation ! Il revient à ceux qui ont soif d’une vie parfaitement accomplie, ceux qui se convertissent, se purifient et se sanctifient. Leurs efforts ont pour effet de stimuler la croissance de l’esprit à l’intérieur d’eux-mêmes et de renouer ainsi avec le principe vital qui commande les transformations de l’évolution authentique en vue de la permanence et de l’universalité de l’être.
— Votre interprétation de l’évolution biologique renverse celle généralement reconnue. Tandis que les ressortissants du monde s’estiment eux-mêmes les sujets par excellence du progrès, et tandis qu’ils rejettent le religieux comme un reliquat dépassé de superstitions, vous, vous dites que c’est dans la dimension spirituelle que les transformations évolutives s’effectuent cependant que le monde représente une croissance coupée de ses racines vitales, un développement matériel déviant voué à l’échec.
— Telle est en effet ma position. Elle peut paraître difficile à maintenir face au puissant courant qui considère l’esprit mondain à l’avant-garde de l’évolution. Le point de vue que j’avance, à l’effet que c’est plutôt la fibre morale qui fait évoluer l’humanité, est pourtant fondé dans la réalité. Et ce qui milite fortement en faveur du réalisme de cette considération, c’est qu’elle soit la seule conception cohérente permettant d’identifier la direction du réel. Aussi surprenante que l’affirmation puisse paraître, il n’existe pas d’autre démarche rationnelle qui soit en mesure de saisir et comprendre la mouvante réalité universelle.
Car tout le problème peut se ramener à la question de savoir si l’univers fait du sens ou non. J’utilise ici le mot sens dans tous ses sens. Puisque l’univers comprend nécessairement tout ce qui existe, la découverte d’une direction quelconque à cet univers affecte nécessairement et logiquement toutes les sphères de la réalité, tant l’ordre rationnel, moral, spirituel que la dimension physique.
Or, les observations scientifiques des derniers siècles permettent d’affirmer catégoriquement que l’univers n’est pas statique. Il est mouvant et passe d’un état à l’autre au cours du périple qu’il accomplit dans l’espace et le temps. Ce développement graduel n’était pas évident pour nombre de philosophes du passé, depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge. La plupart des sages alors, sauf exception, concevaient un univers fixe, stable, figé perpétuellement dans le même état.
Cette perception se répercutait sur les conceptions religieuses. On se représentait un univers créé à l’origine tel qu’il est actuellement perçu. Un univers dont les rouages (le mouvement des astres, par exemple) ne pourraient être arrêtés que par un nouvel acte direct de Dieu à la fin du monde, un acte destructeur, cette fois, l’envers de l’acte initial de création.
On doit cependant noter que tous les penseurs ne concevaient pas la réalité de cette façon. D’autres pressentaient plutôt un univers entraîné par un dynamisme mystérieux vers son devenir. Une intuition qui pouvait prédisposer la pensée spirituelle à croire en une destination heureuse, lumineuse, glorieuse d’une humanité en quête d’épanouissement et de liberté.
Les découvertes modernes ont renforcé cette dernière conception. L’astrophysique démontre que l’univers a eu un commencement. Depuis le “big bang”, il subit une expansion. De plus, il ne se maintient pas dans le même état. Il se fait, il se transforme continuellement. Dans le cosmos, il n’existe absolument rien qui soit statique. Tout y est mouvement, trajectoire d’un point à un autre. Sur la Terre, le concept d’évolution, appliqué aux formes vivantes, confirme cette mouvance au niveau biologique.
Le constat d’un univers en mouvement fait surgir une interrogation. Où va-t-il ? Sa trajectoire s’inscrit-elle dans un axe cohérent de développement qu’il serait théoriquement possible de prolonger pour identifier sa destination ultime ? C’est la grande question ! J’affirme sans hésiter que l’univers est orienté vers une destination très précise. Et je ne suis pas le seul puisque toute la démarche spirituelle de l’humanité depuis l’origine, par sa quête d’une vie parfaitement accomplie, le proclame aussi implicitement.
Le MONDE, lui, opine d’emblée que l’univers ne ferait aucun sens et, pour soutenir cette perception, il s’appuie sur des considérations axées exclusivement sur le volet matière de la réalité. Le matérialiste, en effet, enchaîne les raisonnements circulaires et sophistiques pour se convaincre que l’univers est le fruit du hasard ; qu’il existe accidentellement comme il est parce qu’il ne pourrait pas être autrement ; que s’il n’existait pas, personne ne pourrait poser la question de savoir où il va.
À la base de sa démarche, le philosophe matérialiste ne reconnaît pas d’autre réalité que la matière. C’est pourquoi, lorsqu’il évoque l’univers, il pense au cosmos, à la somme de matière, incluant l’antimatière et l’énergie dite “sombre”. Si bien que, sans peut-être s’en rendre compte, il en exclut ce qui est vivant. Donc, en définitive, l’humanité et lui-même. C’est ainsi qu’à la question de savoir où va l’univers, il répondra en précisant la destination de la matière. Il s’appuiera sur les données de l’observation du cosmos pour se représenter, entre autres hypothèses, un univers qui dilapide sa chaleur et dont l’expansion illimitée le destine inexorablement au froid absolu d’une nuit sans fin.
Face à ce scénario qui s’étale sur des milliards de milliards d’années, philosophera-t-il, que peut signifier l’infime étincelle du phénomène de la vie sur notre planète et, a fortiori, la durée humaine ? La trajectoire physique de l’univers, depuis le “big bang” jusqu’à son éventuelle dissolution dans les ténèbres infinies d’un froid absolu, ne fait-elle pas ressortir l’absurdité et l’insignifiance du destin humain, laissera-t-il entendre ?
Mais, peut-on demander, pourquoi ce refus a priori de saisir une signification à notre réalité humaine alors que tout se tient si bien partout et que la merveilleuse cohérence universelle saute aux yeux de quiconque veut bien ouvrir les yeux de l’esprit ? Comment, ce qui a été jusqu’ici ordonné et a parcouru une trajectoire bien définie peut-il, parvenu jusqu’à la conscience réfléchie du raisonneur, cesser désormais de générer la cohérence pour errer sans objectif ni direction ?
C’est que le matérialiste ne veut absolument pas voir une direction au RÉEL car une telle admission ouvre toute grande la porte à l’hypothèse d’une dimension spirituelle de la réalité et, conséquemment, d’un Créateur. Il veut que l’univers marche sans but, à la merci d’accidents qui sont en fait, selon ses théories, le seul facteur actif de la transformation des choses.
Vraiment, il est insensé d’affirmer que l’univers n’a pas de sens. S’il n’avait aucune direction, comment pourrait-on en comprendre quelque chose ? Mais tant qu’ils sont soumis à l’esprit du MONDE, les humains en général — et pas seulement les matérialistes — sont orientés dans leur vie par un MONDE qui ne sait pas où il va. C’est pourquoi ils ignorent ce qu’ils y font et ne comprennent pas qui ils sont. Un MONDE qui est forcé d’avancer mais refuse de voir le gouffre vers lequel il déboule.
Voyez la contradiction dans laquelle le MONDE s’enferme. Il prend bien note de la notion rationnelle d’évolution. Mais étant lui-même un produit des sens, il n’est pas positionné à un niveau qui lui permettrait d’en saisir la portée pour sa propre structure et d’en tirer les conséquences pour lui-même. Il déclare alors, envers et contre toute logique, que l’univers n’a pas de sens. Et comme il est opportuniste et sait faire feu de tout bois, il s’empare du concept de l’évolution pour travailler avec acharnement à en prendre le contrôle. Il s’érige alors en maître d’évolution d’une humanité en mal de conquérir l’univers entier au prix même d’y perdre son âme.
Cette supercherie démesurée est une conséquence du fait que le MONDE se veut exclusivement pour lui-même. Il se considère au terme de ce qui existe. Il ne peut accepter un au-delà de lui-même qui se trouverait ipso facto à démasquer sa prétention au sommet et risquerait de l’évincer de sa position au faîte de la gloire.
C’est pourquoi le MONDE s’estime destiné à s’approprier le pouvoir de l’évolution afin de le faire servir aux fins des ambitions égocentriques. Au moyen de manipulations génétiques, par exemple. Mais l’on peut redouter que ce rêve fou, débridé, ne pourrait produire que des humains aux organes hypertrophiés — le pendant des monstres dinosauriens — plus que jamais prisonniers du drame intérieur de l’âme, tenaillée par l’angoisse de la mort.
— Des biologistes prédisent que les sciences parviendront à faire reculer la mort en freinant le vieillissement des cellules de sorte que la longévité de l’être humain pourra être décuplée jusqu’à l’âge de Mathusalem. Certains croient même que l’immortalité pourra un jour être réalisée par les scientifiques.
— Ce sont là des hypothèses typiques, inspirées par l’esprit du MONDE. Mais imaginez seulement les problèmes insolubles générés par de telles “solutions” au mal de la souffrance et de la mort ! Il arrive que les “remèdes” que le monde préconise puissent causer éventuellement des maux plus profonds encore que ceux qu’ils visent à guérir.
Qui détiendrait ce pouvoir de longévité ? Les gouvernements ? Les scientifiques ? Les technocrates ? Et qui pourrait en bénéficier ? Les riches ? Les surdoués ? Les puissants ? Voudrait-on immortaliser les faibles d’esprit, les marginaux, les pauvres ? Et que faire des malfaiteurs, des voleurs, des meurtriers, des fauteurs de trouble, des dévoyés, des violents devenus immortels ?
L’accroissement de la durée de la vie ne parviendrait qu’à prolonger pour les uns la misère et le malheur, qu’à perpétuer pour d’autres les injustices et l’oppression. L’on peut pressentir que l’immortalité ainsi obtenue, bien loin de pacifier les populations et résoudre les conflits, les amplifierait au point de faire de notre planète un enfer de violence sans issue.
L’immortalisation du corps ne peut absolument rien résoudre du drame humain si elle ne s’accompagne pas d’une transformation du cœur. Car la clef de l’immortalité ne peut pas se trouver dans le monde extérieur du corps mais dans la vie intérieure emportée par le fleuve ascendant de la substance vivante. Elle concerne le cœur, l’âme, l’esprit. Elle est un fruit de la vie, et non un produit de la matière.
Voilà pourquoi la conversion est une condition initiale absolument incontournable pour l’enclenchement du processus d’évolution de l’être humain. Car c’est dans l’intériorité que se joue le devenir de la vie. À la suite du déverrouillage de la porte intérieure, le changement amorcé par le retournement de l’esprit sur lui-même rétablit l’équilibre de la nature humaine. Il lui restitue l’autre dimension du réel.
Cette introversion est une condition préalable au dépassement des conditions terrestres en vue du devenir de la substance vivante. En vue encore de la communion à l’unique Vie, qui investit incessamment la matière pour la transfigurer en image d’elle-même. Au cours des âges, cette croissance de la vie spirituelle en chacun a eu pour effet visible une graduelle transformation du corps humain. Le fait qu’il soit devenu de plus en plus beau, depuis les hominidés jusqu’à nos jours, révèle la puissance transformatrice de l’esprit agissant de l’intérieur.
C’est par l’esprit et dans l’esprit que l’évolution s’accomplit. La beauté transparente que nous percevons dans la forme humaine, comparativement à la forme animale, est un effet du rayonnement de l’esprit. Un signe qui pointe en direction de la CONSCIENCE UNIFIÉE. Là où pourra s’achever la spiritualisation de la personne humaine.
Résumé par CHAT GPT
Bonjour, merci pour ce partage très riche et profond sur la formation du MOI, la conscience réfléchie, et les conditionnements liés à la matérialité et aux valeurs mondaines. Vous soulevez des questions essentielles sur la nature humaine, la dualité entre MOI et SOI, ainsi que sur les difficultés d’exercer la rationalité dans un monde dominé par l’extériorité et les apparences.
Pour résumer et expliciter davantage ces conditionnements :
1. **Le monde factice et la matérialité** : L’émergence de la conscience réfléchie a été rapidement influencée par les déterminismes matériels, ce qui a créé un monde centré sur les apparences sensibles plutôt que sur les évidences rationnelles et spirituelles. Ce monde sous-humain privilégie les sollicitations extérieures, ce qui détourne l’attention de l’être vers l’extérieur au détriment de la vie intérieure.
2. **Formation du MOI et altération de la vie intérieure** : L’enfant, au lieu d’être guidé vers une intériorité vivante et rationnelle, est capté par le monde extérieur pour s’y adapter. Le MOI se construit ainsi sur des bases extérieures, souvent liées aux plaisirs, à la douleur évitée, et à la compétition, ce qui peut le faire glisser vers l’EGO, source d’aliénation et de souffrance.
3. **Traumatismes psychiques et insécurité existentielle** : Ce détournement de l’énergie vitale vers l’extérieur engendre des traumatismes, notamment la peur viscérale, un sentiment d’insécurité face aux aléas de la vie matérielle, et une séparation d’avec la nature et la transcendance.
4. **Distinction entre MOI et SOI** : Le MOI est la construction extérieure, souvent égocentrique, qui s’impose comme centre de la personnalité, alors que le SOI est l’être intérieur profond, source de dignité, d’originalité et de connexion universelle. Le MOI, s’il domine, masque le SOI et empêche l’accès à une conscience véritablement rationnelle et spirituelle.
5. **Difficultés d’exercice de la rationalité** : Dans un monde gouverné par l’ego et les apparences, la rationalité peine à s’exprimer pleinement. La majorité des humains vivent sous l’influence des passions et des instincts hérités du règne animal, ce qui engendre violence, injustice et désordre.
6. **Perspective d’évolution** : Bien que la structuration du MOI soit inévitable dans le contexte mondain, elle ne doit pas être une fin en soi. Le dépassement de cette condition passe par un retour à l’intériorité, à la découverte du SOI, et à une réorientation des énergies vitales vers la transcendance et l’épanouissement authentique.
Si vous souhaitez approfondir ces concepts ou discuter de moyens concrets pour favoriser ce retour à l’intériorité et à la rationalité authentique, je suis là pour vous accompagner dans cette réflexion. N’hésitez pas à me poser d’autres questions ou à préciser vos attentes.
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3 réponses à « 35- Le MOI »
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Voici déjà un bref commentaire, histoire d’ouvrir notre échange:
« — Lors de l’émergence de la CONSCIENCE RÉFLÉCHIE, les déterminismes de la matière ont très vite pollué la substance vivante en l’homme. Et ce qui a résulté de cette altération, c’est la création du MONDE factice que nous connaissons. Un monde édifié sur ce qui apparaît aux sens plutôt que sur les évidences de la raison. » De mon côté, j’utilise le même langage pour parler de « la source polluée ». Cette pollution vient de toutes les fausses justifications que nous inventons pour masquer nos comportements mauvais, liés aux blessures du cœur. Sans doute, notre auteur en parlera plus loin.
Les déterminismes de la matière sont aussi liés à la quête de bonheur qui, coupé de la source intérieure de vie, ne peut que s’abreuver aux citernes fissurées de la jouissance extérieure et matérielle.« Tous les humains sont marqués par la chute originelle parce que tous se développent dans un MONDE modélisé par les conditions extérieures de la matérialité. » Présentation audacieuse et brillante de la transmission du péché originel. Il ne se transmet pas par l’intérieur, comme un héritage génétique, mais par l’extérieur, par la vie dans un monde matérialisé et extériorisé qui « oblige », en quelque sorte, la création d’un moi égocentrique. Ou encore, nous héritons du péché originel parce que nous sommes « participant » de cette humanité blessée. Le baptême nous en libère, partiellement, en nous arrachant à cette humanité pour nous introduire dans le Royaume de Dieu, participant du Corps du Christ, prêtre, prophète et Roi. De toute façon, la conscience réfléchie n’est pas la conscience unifiée.
« Ainsi, plutôt que d’apprendre à l’enfant à développer sa vie intérieure de telle manière qu’en émerge graduellement l’exercice rationnelle fondée sur l’ÊTRE, on capture le plus possible son attention à l’extérieur de lui-même pour qu’il s’adapte au monde où il devra seul et dans l’isolement grandir et développer sa personnalité. Un MONDE où il devra construire son MOI qui, enclin aux plaisirs et fuyant la douleur, pourra facilement glisser sur la pente de la régression et se fixer sous la forme de l’EGO. » Pour ma part, je ne partage pas pleinement la grande confiance de notre mon ami Paul en la « rationalité humaine ». La vie intérieure n’est pas d’abord un « exercice rationnel ». Le MOI « enclin aux plaisirs et fuyant la douleur » doit aussi « faire sa place ». Ainsi, la « personnalité » prend le dessus sur la « personne ». ce qui sera ci-dessous appelé le MOI et le SOI.
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« Ce détournement du fluide vital de l’intérieur vers l’extérieur […] a fait que l’humain, aliéné de sa cohérence interne, se retrouve exilé, séparé de la nature, vulnérable au milieu de forces aveugles qui l’encerclent de toutes parts. Il lui est très difficile de s’intérioriser. Il vit hors de lui-même. Il souffre d’aliénation. Il peut ambitionner de tout connaître à l’extérieur mais il ne se connaît pas lui-même à l’intérieur. « Ce sera bien sûr la grande contribution, au long des siècles, de la vie monastique d’aider l’être humain à retrouver, via le silence, le chemin de l’intériorité. Le Carmel y aidera aussi à travers la formation à la vie d’oraison. Et la jeunesse chrétienne d’aujourd’hui trouve ce chemin d’intériorité à travers l’adoration eucharistique.
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Je ne sais si c’est la proximité de la fête de Noël qui me donne cet avant-goût de joie exubérante et d’une inépuisable reconnaissance ? Cher Nicolas, rendons gloire à Dieu pour le travail effectué ensemble. Je suis convaincu que la “pensée nouvelle” se déploie devant nos yeux. Nous découvrons la “philosophie de Jésus” grâce à laquelle l’humanité peut aspirer à une société libérée des forces occultes qui hantent son parcours depuis l’origine. La civilisation de l’amour est aux portes de la Cité humaine. Un monde nouveau est encore possible parce que le Seigneur vient pour en établir Lui-même les assises en révélant Sa Pensée comme fondement de l’agir des humains.
Très cher ami, je suis émerveillé. Un regard rétrospectif fait constater toute la cohérence qui se déploie depuis la base de notre démarche jusqu’à maintenant. Et nous pouvons pressentir qu’elle se maintient vers les explorations conclusives qui se dessinent dans le flou. Continuons à penser avec amour et notre “rêve” s’incarnera dans la réalité d’une pensée juste, d’une contemplation universelle, prémice de l’adoration divine.
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